La cuvée levroutée, reine des mâcon-clessé.
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A la première gorgée, on ne peut croire que le
mâcon-clessé 1986, cuvée levroutée, de Jean Thévenet ne
soit quun simple mâcon. La vérité, cest quil
simpose une productivité trois fois inférieur à
ses voisins.
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Mâcon-clessé de Jean Thévenet, « cuvée levroutée 1986 ». Ce clessé là na rien
en commun avec les mâcons qui font couler la vigne comme
on provoque une innondation dans lappartement du
dessous.
Le « levrouté » (synonyme du « figuier »
des Bourguigons) est réalisé à partir de raisins surmaturés,
avec un pourcentage variable de botytris, la pourriture
noble du Sauternais ( en 86, cétait 50%). « Ce
nest pas moi, explique le viticulteur, impavide,
qui pratique des vendanges tardives, ce sont les autres
qui se livrent à des récoltes bien trop prématurées. »
Dans une dégustation aveugle, personne ne songe que le
clessé de Thévenet puisse être un simple mâcon. Trop de
chaleur communicative, un trop noble épanchement de glycérine.
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Dans un restaurant, un jour, le nez de Claude Chabrol,
qui investit pourtant sans faiblesse les verres, sallongeait
de doute : « Vous plaisantez, disait-il au sommelier,
ce nest pas un mâcon mais au moins un puligny-montrachet,
et du meilleur tonneau . » Il nen revenait
pas des arômes, de léquilibre du vin, de sa maturité
tranquille qui traverse les années de cave. A rebours
des tendances locales.
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Aussi, ses pratiques traditionalistes bluffent-elles
chaque année les confrères. Installé depuis plusieurs
générations dans le village de Quintaine (« le mot
de quintaine, rappelle-t-il, désigne un souffre-douleur
comme le mannequin qui servait aux cavaliers pour quils
sinitient à la lance ») , Jean Thévenet sest
habitué à être incompris.
Jean-François Werner
Libération (Décembre 1990)
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